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vendredi 15 janvier 2016

Dégustation : Si Ji Chun (Terre des Thés)

Aujourd'hui, je vous propose de "participer" à ma dégustation d'un thé acheté il y a quelques jours sur mon nouveau site chouchou, j'ai nommé Terre des Thés.
Ce thé est un thé wulong situé dans la moyenne supérieure de ce que le site a à offrir (un prix de 8.50€ pour 25g de la récolte du printemps 2015). Il est originaire de Taiwan, et si j'en crois le site, ce cultivar (Si Ji Chun) est apprécié car pouvant être récolté tout au long de l'année. Son nom signifie littéralement "quatre saisons".
Ce thé est peu oxydé comme la couleur de ses feuilles le laisse immédiatement à penser, et en effet, le site confirme qu'on est sur 15% d'oxydation. C'est de loin ce que je préfère avec un thé wulong.

Matériel et paramètre pour la dégustation

Mon set à dégustation bien pratique acheté au Palais des Thés : une sorte de mini-théière qui infuse une tasse, et la tasse qui va avec, le tout en porcelaine blanche très neutre. On peut apprécier la couleur de la liqueur, l'aspect des feuilles avant et après infusion, etc. Le set est ébouillanté avant dégustation.
J'infuse à l'eau du robinet que j'ai bouillie quelques dizaines de secondes pour en retirer le chlore. Je sais, c'est mal, mais j'ai beaucoup trop la flemme pour acheter de l'eau minérale. Je m'en sers quelques minutes après ébullition, donc l'infusion se fera un peu au-dessus de 70°C, ce qui convient aux thés les plus susceptibles.
Mes temps d'infusion commenceront à 1min.


Le thé

Les feuilles sont roulées assez serré. Dès ouverture du sachet on a ce parfum typique d'un wulong peu oxydé et de belle qualité, très frais, floral et un peu fruité, vraiment intense. Le site parle de parfums citronnés, et c'est vrai qu'on les retrouve, mais personnellement j'ai une petit impression d'abricots secs bien agréable.


La première infusion : 1min

Déjà, le thé dans la "mini-théière" vide a pris un parfum fleuri et citronné de fou. C'est comme de sniffer du parfum, et c'est sublime. Les feuilles ne se sont pas déroulées (logique, après si peu de temps.) Une liqueur or très pâle, translucide, pas excessivement odorante. Au goût on a quelque chose de très fidèle à l'odeur des feuilles bien que moins prononcé, avec un vrai aftertaste pas encore très développé mais néanmoins présent. Une sensation de fraîcheur douce qui rappelle irrésistiblement une sorte de dessert.


La deuxième infusion : 2.5min

Les feuilles ont une odeur un peu plus riche, exquise, qui me donne envie de sangloter parce que je dois bien arrêter de la renifler à un moment. Elles commencent déjà à pas mal se dérouler. La liqueur est un peu plus colorée mais reste pâle. Son parfum est cette fois bien plus présent, et toujours très fidèle à l'odeur des feuilles. Au goût on a beaucoup de parfums et de douceur, beaucoup de floral et une nette présence de fruits jaunes et sucrés. Un aftertaste plus présent aussi, très légèrement astringent qui apporte un bel équilibre et fait saliver juste ce qu'il faut. (Après une pause un peu plus longue, cet aftertaste apporte une touche très sucrée en bouche qui est toujours une agréable surprise.)

La troisième infusion : 4.5min, 65°C

Vous noterez le changement de température car j'ai pris mon temps et l'eau a eu le temps de bien tiédir. Jusqu'ici les infusions sont très linéaires, les parfums se renforcent mais ne changent pas radicalement (ce qui n'est pas plus mal parce qu'ils sont délicieux). C'est une impression qui se confirme sur cette troisième infusion, où les arômes sont un peu plus complexes mais sans changement notables. Je dirais qu'on a un peu plus de floral et un peu moins de fruité, et toujours beaucoup de présence en bouche, je dirais même "de plus en plus de présence". Clairement, on n'est pas face à l'un de ces thés qui ont tout dans le nez et rien dans la bouche !
La liqueur devient jaune-vert, avec ces infimes reflets bleutés typiques, et les feuilles se déroulent bien. Comme je suis de toute évidence en présence d'un thé de qualité irréfutable, je vais le pousser un peu lors de ma prochaine infusion.


La quatrième infusion : 5min, 90°C

De l'eau juste bouillie versée directement sur les feuilles pour cette quatrième infusion.
Au goût, c'est une claque ! Après des infusions riches mais douce, celle-ci est pleine de caractère et de personnalité. Pourquoi des gens prennent de la cocaïne quand il y a des choses comme ce thé dans la vie, je n'y comprends rien ! La liqueur est jaune bien prononcé, hyper-parfumée, si incroyablement riche en goût que je ne peux pas vous retransmettre le choc de tous ces parfums de fleurs blanches : il faut la goûter. J'ai rarement pris autant de plaisir à goûter un thé, prouvant une fois de plus que les gens de chez Terre des Thés savent ce qu'ils font. Non mais ce goût ! Cette puissance ! Ces fleurs !
Pour faire semblant de rester professionnelle, j'attire votre attention sur l'aspect des feuilles déroulées. Malgré qu'elles aient été roulées serré, vous voyez qu'elles sont relativement intactes et encore très vertes. Je dois dire que je suis toujours un peu émue quand j'ai, comme ici, des feuilles entières. Impossible pour moi d'ignorer, dans ce cas, le théier du bout du monde et celui qui s'est amusé à cueillir cette petite feuille en particulier... pour qu'elle finisse dans ma tasse.
(Vous aurez peut-être noté un peu de poussière de thé au fond de ma tasse de dégustation. C'est une accumulation qui a commencé à la deuxième infusion, je n'ai pas récupéré tout cela en une fois.)
Après une infusion pareille, aucune excuse : je dois recommencer, et pousser les choses un peu plus !


La cinquième infusion : 6min, 90°C

J'étais impatiente, mais aussi un peu inquiète... est-ce que de l'amertume allait se déclarer ? Mais non, ce thé est finalement superbe tout au long de sa dégustation. Dans ces conditions (longue infusion, haute température, et déjà quatre infusion derrière lui !), il se fait un soupçon moins floral pour sembler se rappeler que, bon, il a quand même été oxydé à un moment. Tout en restant très égal à lui-même, il a soudain de petits accents qui rappellent le thé noir chinois. Les traces de fruit on également disparu, et son aftertaste se fait un poil plus tannique et astringent - mais aussi, comme pour s'excuser, plus sucré lorsque l'on attend un peu plus longtemps.
L'équilibre général de la liqueur vacille un peu. Mais j'insiste sur le fait qu'il reste extrêmement parfumé et floral et, "bêtement", bon à boire.
Je continuerai de l'infuser pour mon plaisir personnel, mais arrête ici la dégustation.


Pour conclure :

Pour conclure, j'ai eu le plaisir d'avoir affaire à un thé exceptionnel, qui s'est prêté à mes caprices avec brio. C'est là que l'on voit que, lorsqu'il s'agit de thé, essayer d'économiser sur des bouts de chandelle n'a pas vraiment d'intérêt. Oui, je l'ai payé assez cher (bien qu'un tarif dégressif soit mis en place par le site, et que donc le prix au poids diminue lorsque la quantité achetée augmente), avec 280€/kg on n'est pas sur un thé bon marché. Mais il faut se rendre compte qu'à l'heure où j'écris ceci, une cuillère à soupe de feuilles a passé près de 20min dans de l'eau de plus en plus chaude et a encore plus de parfums et de qualités gustatives que certains thés achetés à moindre prix en ont au sortir de leur boîte. Ce thé peut être infusé quatre fois sans perdre en qualité. Il pourra certainement l'être sept ou huit avant de ne plus avoir de goût. Une fois ceci pris en compte, on s'aperçoit aisément que cela revient au fond meilleur marché que d'acheter un thé trois fois moins cher mais qu'on ne pourra infuser que deux fois avant de se retrouver avec une soupe au vague goût de plante. Sans parler, bien sûr, du plaisir de la dégustation qui, a mes yeux, n'a pas de prix.
En gros, je recommande ce thé avec un enthousiasme soutenu !


P.S.:

Le truc de fou : par la suite je l'ai ré-infusé un poil moins chaud (sans doute dans les 65°C à nouveau) et... le grand retour des fruits et du floral. Ce thé, c'est de la bombe atomique, les enfants.

jeudi 14 janvier 2016

Infuser le thé à froid

Ca peut paraître étrange, surtout si comme moi vous êtes un vrai snob du thé, mais l'infusion à froid présente pas mal d'avantages. Pour moi, tout a commencé avec cet article. Suivez le guide...

Qu'entend-on par "infusion à froid" ?

La méthode est très simple : on prend un thé qu'on aime bien, on le dose comme on le ferait normalement, que ce soit en tasse ou en théière, mais plutôt que d'y verser de l'eau chaude, on y verse... vous l'avez deviné, de l'eau froide (de 5°C à 25°C). On laisse infuser à température ambiante ou au frigo deux bonnes heures et pourquoi pas plus, et le tour est joué.
Facile, non ?


C'est bien gentil, mais... pourquoi ?

La question à 1000€, qui a plusieurs réponses. La première et la plus évidente : en été, ça peut être très rafraîchissant. Et bien sûr, ça fait une économie d'énergie. Mais ce ne sont pas les raisons principales : je ne vous l'apprends sans doute pas, la température à laquelle l'infusion a lieu va avoir une influence sur les substances qui sont effectivement infusées. Typiquement, pas mal de tanins vont avoir besoin de 90°C pour bien passer, raison pour laquelle on va infuser à 80°C un thé dont on veut faire ressortir la douceur. La caféine va également avoir besoin de chaleur, et on en retrouvera assez peu en-dessous de ce seuil de 80-90°C. Un thé infusé à froid sera donc très pauvre en caféine, ce qui peut être sympa si vous voulez l'éviter.
Il faut également prendre en compte que certaines substances sont détruites à la chaleur. Typiquement, les vitamines hydrosolubles n'y survivent pas. Et le thé infusé à froid a un potentiel antioxydant nettement plus élevé, suggérant ainsi qu'une partie des catéchines (substances antioxydantes de la famille des flavonoïdes) sont donc détruites par la chaleur.
Enfin, en terme d'arôme, on a ici peu de risque d'amertume même sur un thé très tannique, et aucun risque de trop infuser l'animal et de se retrouver avec une liqueur imbuvable. Au contraire, si on risque quoi que ce soit, c'est plutôt de ne pas assez l'infuser. (Et je recommande, dans ce contexte, l'infusion multiple).
Cette méthode peut être un bon moyen de découvrir de nouveaux aspects d'un thé que vous aimiez déjà, ou d'apprendre à en connaître un nouveau.


Et je fais ça avec quel thé ?

Pourquoi pas avec tous ? Il me semble logique certains thés s'y prêteront mieux que d'autres, mais cette réserve se pose plus d'un point de vue organoleptique que santé (et, si pour moi le thé est lié aux deux, c'est quand même le plaisir de la dégustation qui l'emporte). J'ai par exemple dans mon placard un excellent thé noir fumé du Japon dont je ne pense pas qu'il se prêterait bien à l'exercice. Même remarque pour le pu er, bien que, si quelqu'un a testé je suis intéressée par son avis sur la question. Mais sur du thé vert ou blanc, ou même un wulong (plutôt orienté floral-fruité que lacté-grillé), pourquoi pas ?


C'est bien beau que ce soit meilleur pour la santé et tout mais... et si je n'aime pas ça ?

Ne vous forcez pas. C'est une alternative intéressante, mais le thé infusé à chaud reste délicieux et excellent pour la santé. Le but est juste ici de présenter une alternative agréable, certainement pas de mettre au pilori plusieurs milliers d'années de culture et de savoir-faire.
La méthode que j'ai fini par préférer et d'infuser deux fois à froid une certaine quantité de thé, puis d'y rajouter une pincée de thé "neuf", et d'infuser le tout à chaud deux ou trois fois. Ainsi j'ai la caféine, les flavonoïdes fragiles, et les tanins robustes. Et bien sûr, l'aspect merveilleusement réconfortant d'une énorme tasse de thé chaud.

Sucre de datte

Ce petit article pour vous parler d'un produit sur lequel je suis tombée un peu par hasard, et comment le réaliser soi-même. Et ce produit, c'est le sucre de datte.
Certains d'entre vous ont peut-être déjà testé des alternatives aux sucres de canne et de betterave : le sucre de coco, par exemple, le sirop d'agave, de riz ou d'érable, les extraits de stévia ou de bouleau, etc. Le concept est le même : on extrait le sucre d'une plante, on le conditionne de façon plus ou moins pratique, et voilà.
Le sucre de dattes est un peu similaire, à cette différence près que l'on n'a rien extrait du tout : ce sont des dattes déchées et réduites en poudre. On y retrouve donc un peu plus de nutriments que dans les autres sucres, et bien sûr, des fibres.
Il s'utilise en pâtisserie comme du bon vieux sucre, bien qu'il se lie à l'eau comme moi après un semi : cela peut influencer la quantité de liquide à incorporer à votre préparation, et cela implique qu'il a un petit effet liant/épaississant à prendre en compte. Ca peut en faire un chouette allié pour un smoothie avec des fruits pas hyper-trop-mûrs, mais ça fait que pour mettre dans le café c'est peut-être un peu limite. A vous de voir.

Tout ce qu'il vous faudra ce sont :
  • - Des dattes sans sirop de glucose par-dessus (moi j'ai pris des medjools)

  1. Préchauffer le four à 100°C, chaleur tournante.
  2. Pendant ce temps, couper les dattes en deux dans le sens de la longueur, et enlever les noyaux s'il y en a (j'ai appris récemment que certaines dattes n'ont pas de noyau ? oO WTF ?).
  3. Répartir les moitiés de dattes sur une feuille de cuisson posée sur une grille ou une plaque (ça n'aura pas vraiment d'incidence).
  4. Enfourner à four chaud et laisser sécher une bonne heure voire 80min. Les dattes devraient foncer mais ne pas devenir franchement noires, et une odeur de sucre cuit merveilleuse devrait se répandre dans votre cuisine. Laisser ensuite reposer plusieurs heures et jusqu'à toute la nuit.
  5. Après repos, les dattes devraient êtres dures comme des p'tits cailloux, toutes sèches. C'est le moment de les pulvériser !
  6. Passer tout ce petit monde au blender/hachoir électrique jusqu'à obtenir une poudre. La poudre en question sera extrêmement collante : c'est normal. On se bat un peu pour la récupérer et la mettre en bocal, c'est normal.
  7. Transférer cette poudre dans un bocal propre et qui ferme bien, et utiliser à loisir. Il faudra un peu se battre pour la récupérer quand vous en aurez besoin, mais là aussi c'est normal.

Astuces :
Pour incorporer une quantité de sucre à votre recette, selon votre usage, vous pouvez la passer un coup au hachoir électrique avec un autre ingrédient sec (farine, ...) que vous comptez utiliser, ou la laisser se détendre tendrement dans la portion liquide de votre recette.
Je n'ai pas testé, mais j'ai lu qu'on pouvait dessécher les dattes au déshydrateur : ça ne semble pas une mauvaise idée.
Le sucre obtenu n'a pas vraiment un goût de dattes, donc pas de panique si vous n'aimez pas ça. Honnêtement, pour moi, ça a un goût de sucre cuit, quelque part entre le caramel et la barbe à papa. Je vous promets que c'est par pure volonté que je me tape pas dans le bocal à la petite cuillère.

lundi 11 janvier 2016

Les familles du thés

Le thé, on le sait, n'est pas qu'un vague jus de feuilles chaud. Ceux qui pensent que le thé noir c'est quand même plutôt similaire au sencha, qui lui-même n'a rien de très différent du thé blanc... n'ont probablement jamais goûté de vrai thé.
Le thé, certes, c'est toujours un peu la même base : des feuilles, qu'on infuse dans de l'eau (chaude le plus souvent), et qu'on boit. Mais le réduire à cela serait comme de dire que la peinture, c'est toujours de la couleur sur un support. Ce n'est pas faux, mais en se contentant de ce point de vue, on va passer à côté de beaucoup de choses.
Il existe plusieurs grandes familles de thés, qu'on classe par couleur (couleur des feuilles ou de l'infusion) :

  • - Le thé pu-er
  • - Le thé noir
  • - Le thé noir traditionnel de Chine, dont le nom se traduit en "thé rouge"
  • - Le thé bleu-vert, aussi appelé wulong (parfois écrit oolong)
  • - Le thé vert
  • - Le thé jaune
  • - Le thé blanc

Au sein de ces grandes familles, d'énormes nuances vont encore exister selon la méthode de culture des théiers, le cultivar, la méthode de cueillette, de séchage et de malaxage des feuilles, le taux d'oxydation, et bien sûr des éléments encore plus ténus comme la teneur en minéraux du sol, le taux d'ensoleillement et de pluie de la région, etc. Tout cela aura un impact sur le parfum du thé, et donc sa dégustation. Je tâcherai de faire un article pour chaque famille, en creusant un peu plus le sujet à chaque fois.

Mise à jour

Vous l'aurez remarqué : j'ai été absente de ce blog très longtemps. Essentiellement pour cause de flemme, un peu comme la dernière fois. Comme bloguer me plaît toujours mais peut être assez chronophage (euphémisme), j'ai décidé d'étendre le sujet à une autre de mes passions, liée à la pâtisserie : le thé. Vous trouverez donc des articles liés à la dégustation, la préparation et peut-être bien la fabrication des différents thés. Je pense que cela me remettra le pied à l'étrier pour me remettre à bloguer sur la pâtisserie.

A très vite !

jeudi 2 avril 2015

Muffins aux myrtilles

J'ai commencé la pâtisserie végane avec ces muffins. Ce n'était pas tant un choix conscient qu'une sorte de "okay, ça, ça me semble gérable". Tout le monde aime les muffins, les myrtilles c'est délicieux, et même un peu loupé (ce que je craignais), un muffin, ça reste très bon. Donc, muffins aux myrtilles. Et finalement, je les ai trouvés meilleurs que les autres muffins que j'avais pu réaliser - me menant une fois de plus à demander pourquoi on s'embarrassait des oeufs, du beurre, de la crème.
La recette vient du site Antigone XXI, qui est splendide et que je recommande à qui veut bien m'écouter. Je l'ai bien sûr un peu arrangée à ma sauce, et le résultat ne déçoit pas. Si vous aussi aimez les muffins moelleux, goûteux, customisables à souhait et aisés à réaliser, vous savez quoi faire !

Pour 6 pièces :
  • - 160g de farine demi-complète
  • - 10g de flocons d'avoine
  • - 10g de fécule (j'utilise maïs)
  • - 45g de sucre brun
  • - 25g d'huile OU 30g de beurre végétal
  • - 20g de compote de pomme
  • - 20g de poudre d'amande
  • - 7g de levure chimique
  • - 5g de vinaigre de cidre/jus de citron
  • - 145ml d'eau ou de lait végétal
  • - Garniture (myrtilles, pépites de chocolat, dattes en petits morceaux, fruits secs réhydratés, ...)

L'utilisation d'eau ou de lait végétal ne change franchement rien. Disons que cela dépendra du goût que vous voulez donner à vos muffins, ainsi que des propriétés qui vous intéressent (du lait végétal supplémenté en calcium, par exemple, peut être sympa si vous voulez avoir bonne conscience en mangeant vos muffins.
Si vous utilisez des fruits assez juteux, je suggère de les utiliser congelés, et/ou de les compoter rapidement à la casserole avant de les incorporer, et de les compter comme faisant partie de la masse liquide (la compote ou l'eau). Ca évitera les drames au niveau de la consistance.
La totalité de l'huile peut très bien être remplacée par de la compote de pomme, qui une fois la préparation cuite n'a aucune goût, et apporte du moelleux. Les muffins se conserveront un poil moins bien, mais si vous comptez tout manger le jour-même, ce n'est vraiment pas un problème.
La fécule sert ici à donner du liant et de l'épaississant, et donc à remplacer les oeufs. Le vinaigre va réagir avec la levure chimique pour donner beaucoup de moelleux.

  1. Préchauffer le four à 220°C, chaleur tournante.
  2. Mélanger tous les ingrédients secs sauf la garniture.
  3. Ajouter tous les ingrédients humides, et mélanger à la spatule (ou au batteur plat si vous faites de très grandes quantités) jusqu'à ce que tout soit incorporer. Ne pas trop mélanger, si la pâte n'est pas parfaitement lisse ce n'est vraiment pas un problème.
  4. Incorporer la garniture.
  5. Remplir les moules et enfourner à four chaud. Baisser immédiatement la température à 180°C, et laisser cuire 15-20 minutes. Le temps de cuisson sera très influencé par votre garniture : si elle rend beaucoup de liquide, il sera plus long. L'idéal est de s'assurer d'une coloration uniforme sur le haut des gâteaux, et de tester la cuisson en les piquant avec un cure-dent.
  6. Attendre le refroidissement avant de démouler.

Astuces :
Comme d'habitude, le couple température/temps de cuisson est un ordre d'idée, par une règle absolue. Gardez ces muffins à l'oeil lors de votre première fournée.

mercredi 1 avril 2015

La pâte à tartiner crue sans lactose, sans huile de palme, sans cruauté

A la base, il y le Nutella. Qu'on l'aime ou qu'on l'aime pas (moi je l'aime !), force est d'admettre que c'est le géant en matière de pâte à tartiner.
Mais dès que j'ai commencé à faire mes courses moi-même, je l'ai viré de liste pour cause d'huile de palme. Oui, c'est vachement bon, mais la déforestation se fera sans moi.
Je suis passée au Nocciolata, de la marque Rigoni di Asiago, que j'adorais aussi. Du sucre de canne qui donnait un goût génial, pas trop sucré pour autant, un vrai bon goût de chocolat, des ingrédients bio, et zéro huile de palme, entre autre points positifs. Le prix faisait un peu mal, il faut l'admettre, mais le produit le valait bien.
Sauf qu'ensuite nous avons arrêté le lactose, et dans la foulée tous les produits issus des animaux. Et avec son lait écrémé en poudre, le Nocciolata a dû nous quitter (ma soeur a profité du dernier pot, je vous rassure). Il lui fallait donc un remplaçant. Selon Mr Colloc, il devait être bien sucré, avoir un goût de noisettes mais qui ne domine pas, un goût général assez "doux" et une texture irréprochable.
N'ayant pas exactement envie de tester toutes les pâtes à tartiner bio du coin, et sachant pertinemment que toutes celles sans lait seraient considérées comme trop "agressives" par Mr Colloc, je me suis plutôt mis en tête d'en créer une moi-même.
Il aura fallu beaucoup d'essais, de tâtonnements, et d'insultes à l'encontre de mon petit hachoir électrique, mais je la tiens finalement : la recette. Elle est sucrée sans être écoeurante, bien lisse, goûteuse et douce. Elle est parfaite et, aussi farfelu que ça puisse paraître, relativement bonne pour la santé (bien que je ne recommande pas de s'enfiler gaiement le pot à la petite cuillère). La voici sans plus attendre :

Pour 200g environ :

  • - 15 dattes fraîches ou sèches
  • - 5 gouttes d'essence de vanille
  • - 35g de purée de noisettes
  • - 15g de cacao
  • - 35g de sirop d'agave

J'ai déjà testé avec tous les types de dattes (sèches et laquées d'une sorte de sirop de glucose pas terrible, fraîches, ...), et ça marche avec à peu près tous. La quantité vaut pour des dattes assez charnues, aussi n'hésitez pas à en rajouter quelques-unes si vos dattes sont plutôt menues. Et réhydratez-les de toutes façons.
L'essence de vanille est un ordre d'idée : on veut que la vanille apporte de la rondeur sans être franchement détectable. N'hésitez pas à expérimenter pour trouver le dosage que vous préférez.
La purée de noisettes peut très bien être remplacée par des noisettes entières, que vous pourrez torréfier et broyer vous-même. Je manque simplement de matos pour avoir un résultat vraiment lisse en le faisant moi-même.
Enfin, le sirop d'agave est à doser selon vos envies. Personnellement je n'en vois pas l'intérêt, mais Mr Colloc insiste sur l'importance d'une pâte franchement sucrée, d'où la présence de cet ingrédient. Il peut bien sûr être remplacé par du sirop de riz, du sirop d'érable (attention au goût), du vomi d'abeille miel, etc.

  1. Quelques heures avant de vous y mettre, dénoyauter les dattes, les couper en deux ou en quatre et les mettre à tremper dans de l'eau chaude pendant au moins une heure (en général je les "oublie" deux-trois heures).
  2. Stériliser un bocal en verre en y versant de l'eau bouillante (ainsi que sur le couvercle), puis en le vidant et en le laissant sécher sans plus toucher l'intérieur du bocal.
  3. Lorsque les dattes ont trempé, réserver l'eau de trempage pour un autre usage et les mettre dans un blender/hachoir/mixer/truc pour les mettre en purée. Les mixer longuement, en raclant de temps à autre les bords, pour obtenir un résultat bien lisse.
  4. Ajouter le cacao, la vanille et la purée de noisettes, et bien incorporer.
  5. Ajouter enfin le sirop d'agave, et bien incorporer. Si la texture ne semble pas assez "tartinable", ne pas hésiter à rajouter un peu d'eau de trempage des dattes, cuillère par cuillère.
  6. Transférer dans le pot stérilisé, et garder au frais. La pâte se conserve environ deux semaines sans soucis (je n'ai jamais testé plus).

Astuces :
Lorsque vous dénoyautez les dattes, prenez la peine de les inspecter : certaines contiennent de minuscules parasites qui ressemblent à de petits grains bruns à l'intérieur du fruit. Elles ne sont pas bonnes à la consommation.
Selon les goûts, on pourra bien sûr tester avec d'autres ingrédients, par exemple de la purée d'amandes ou de sésame.