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lundi 27 octobre 2014

Lemon Curd : Le meilleur crémeux au citron

Le lemon curd, c'est tout simplement un crémeux au citron. Chacun à sa recette, plus ou moins beurrée, citronnée et sucrée. Moi, je l'aime acide, explosif en goût, mais assez beurré pour avoir de la longueur en bouche et un peu de rondeur qui va venir l'équilibrer.
Comme tous les crémeux, celui-ci repose sur le même principe qu'une crème pâtissière. On a une partie liquide (dans le cas des fruits, du jus ou du coulis) que l'on va chauffer, et une partie composée d'oeuf, de sucre et maïzena, que l'on va incorporer et chauffer et qui va épaissir le tout.
Le lemon curd peut être tartiné sur du pain ou des crêpes (ou sur des blinis tout chauds...), entrer dans la composition d'un entremet, ou servir de garniture dans une tarte au citron. Vous pouvez n'utiliser que du citron jaune, ou y ajouter d'autre agrumes sous forme de jus et/ou de zestes.
Enfin, comme je l'ai dit, cette recette est ma préférée. Ce ne sera peut-être pas la vôtre, et surtout n'hésitez pas à jouer un peu avec les proportions. Car après tout, la pâtisserie, c'est énormément de tâtonnements.

Pour un pot d'environ 350g :

  • - 3 beaux citrons jaunes, qui donneront 160g de jus et 20g de zestes
  • - 85g de sucre semoule
  • - 1 oeuf (55g) et 1 jaune (15-20g)
  • - 6g de maïzena
  • - 25g de beurre demi-sel

Prenez les meilleurs citrons possibles, bien mûrs et qui vous semblent lourds (pour être sûr qu'ils soient juteux). Choisissez-les non traités après récolte, mais de toute façon il faut toujours bien laver la peau avant de la zester.

  1. Laver les citrons. Zester deux des trois citrons à la râpe ou à la microplane. Vous devriez obtenir 20g de zestes. Réserver-les dans une casserole assez grande pour y manier un fouet.
  2. Presser les trois citrons pour en extraire 160g de jus, que l'on verse sur les zestes. Y ajouter le sucre, et mettre à chauffer à feu vif.
  3. Battre l'oeuf entier et le jaune avec la maïzena. Lorsque le jus sucré frémit, en verser la moitié sur le mélange aux oeufs. Fouetter vivement pour ne pas que les oeufs cuisent. Puis reverser le tout dans le jus restant, et mettre à épaissir sur feu moyen, en fouettant constamment.
  4. Le mélange devrait épaissir assez vite. Lorsque cela commence, compter une minute sur le feu en continuant de fouetter, puis transvaser dans un récipient/un bocal stérile.
  5. Ajouter le beurre coupé en morceaux, et bien remuer jusqu'à ce qu'il soit incorporé. Fermer le bocal et le laisser refroidir la tête en bas, ou filmer au contact et laisser refroidir si l'on compte s'en servir tout de suite.

Astuces :
Gardez votre blanc d'oeuf dans un bocal au frigo pour faire des meringues, des financiers, des macarons ou de la guimauve.
Le lemon curd se conserve environ deux semaines au frigo.
Pour stériliser un bocal, le remplir d'eau bouillante (et en verser sur son couvercle). Vider l'eau après environ une minute, et le laisser sécher sans plus y toucher.

Meringue française

Rien de tel qu'une bonne meringue. Je les aime petites, du genre que l'on puisse croquer en deux coups de dents, cassantes à l'extérieur, et merveilleusement fondantes à l'intérieur.
Pas mal de gens ont peur de la meringue, alors qu'il ne faut pas. Un enfant pourrait les faire, et une fois que vous vous êtes mis d'accord avec votre four, la cuisson n'est qu'une affaire de patience.
Voici la recette pour de parfaites petites meringues françaises. Vous pourrez bien sûr modifier la forme et les temps de cuisson pour en faire de gros monstres de boulangerie, ou de délicate corbeilles pour les pavlova. Ces petites choses sont terriblement addictives et diaboliquement bonnes ; votre famille risque de vous poursuivre en les réclamant à grands cris, peut-être même en menaçant de ne plus respirer si vous ne les faites pas tout de suite. Vous êtes prévenus...

Pour 50 pièces environ :

  • - 130g de blancs d'oeufs (soit 4-5 blancs), à température ambiante
  • - 145g de sucre semoule
  • - 145g de sucre glace
  • (- arôme hydrosoluble/en poudre)

Ne vous embêtez pas à casser tous ces oeufs et vous demander que faire des jaunes. Ma méthode consiste à garder des blancs dans un bocal au frigo chaque fois que je n'utilise que des jaunes. Du flan ? Hop, deux blancs. Une crème pâtissière ? Un blanc. Lemon curd ? Un blanc. Et quand le bocal est plein, je me mets au travail. Les blancs les plus vieux que j'ai utilisés pour cette recette étaient en bocal depuis près de deux semaines, et il n'y a pas eu de soucis. La cuisson tuera les bactéries, donc il n'y a pas d'inquiétude à avoir. Pensez simplement à sortir votre bocal du frigo la veille/quelques heures auparavant, histoire que les blancs soient tempérés et montent bien.
Pour l'arôme, rien de liposoluble : il n'y aura pas un gramme de lipide dans la recette. On peut aromatiser les meringues avec du zeste de citron, de l'extrait de vanille, de l'eau de fleur d'oranger, du cacao en poudre, etc. Mais vous verrez que même natures, elles sont magiques.

  1. Mettre les blancs dans la cuve de votre batteur, et commencer à les fouetter à vitesse moyenne. Lorsqu'ils commencent à mousser, ajouter un peu du sucre semoule.
  2. Continuer de monter les blancs en ajoutant régulièrement un peu de sucre semoule. Il n'y a pas moment exact pour le faire, il faut simplement l'incorporer petit à petit, pendant que les blancs montent.
  3. Lorsque les blancs commencent à être bien fermes, passer en vitesse rapide et les tenir à l'oeil pour les derniers instants. Ils sont prêts lorsque le fouet du batteur contient une boule de meringue qui ne bouge pas, et que la meringue fait un "bec d'oiseau" lorsqu'on la touche. C'est à dire que plutôt que de se soulever et retomber comme un liquide visqueux, elle fait un petit pic dont son propre poids courbe l'extrémité. Elle doit garder sa forme même la tête en bas, être brillante et bien solide.
  4. Si nécessaire, ajouter à ce moment l'arôme et fouetter rapidement, juste pour l'incorporer.
  5. Ajouter le sucre glace en une seule fois en le tamisant, et l'incorporer à la spatule. N'ayez pas peur de bien l'incorporer en travaillant la masse ; ce ne sont plus des blancs d'oeufs, mais de la meringue. C'est solide.
  6. Préchauffer le four à 90°C, chaleur tournante. Couvrir une plaque de papier sulfurisé ou d'un tapis siliconé et, soit à la poche à douille soit avec deux cuillères à café, dresser les meringues. (Moi je le fais avec des cuillères.) Je compte l'équivalent d'une grosse noix de préparation (une cuillerée à café très bombée) par petite meringue. Les espacer régulièrement. Garder en tête que les meringues ne vont pas gonfler ou s'étaler à la cuisson ; elles garderont rigoureusement la forme que vous leur donnerez. Cela veut dire que vous pouvez être créatif, mais qu'une irrégularité ne disparaîtra pas.
  7. Enfourner à four chaud pour 35-40min. Continuer de remplir des plaques pendant que les meringues cuisent. (Les conserver à température ambiante, pas au frigo.) Ne pas hésiter à retourner les plaques à mi-cuisson. Les meringues ne doivent pas colorer, ni avoir d'odeur marquée. La cuisson a surtout ici pour but de sécher la meringue, il n'y a pratiquement pas de réaction chimique. Vous ne devriez sentir qu'une légère odeur de barbe-à-papa, et la coloration ne devrait pas dépasser le blanc ivoire.
  8. Les meringues sont cuites lorsque l'extérieur supporte la pression du doigt et qu'elles se décollent aisément du papier sulfurisé. L'intérieur doit être encore moelleux. Les laisser refroidir sur une grille et les dévorer activement.

Astuces :
Pour s'assurer que vos blancs montent bien et conjurer un éventuel mauvais sort, prenez le temps de les tempérer. Assurez-vous que votre matériel soit parfaitement propre, sans une trace de gras. Dans le doute, vous pouvez passer un tampon de vinaigre blanc dans la cuve de votre batteur et sur le fouet.
Vos meringues se garderont dans une boîte étanche à l'abris de l'humidité plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Elles perdront toutefois en moelleux et ressembleront plutôt à des meringues de boulangerie, croquantes à coeur.
Pour faire des merveilleux, dressez plutôt des cercles assez plats (vous voyez sur les photos que j'ai fait les deux), qui cuiront le même temps : il faut que la meringue soit un peu plus solide, et donc croquante à coeur.
Il est tout à fait possible d'ajouter du colorant à la meringue (au même moment que l'arôme), ou d'en faire un trait à l'intérieur de votre poche à douille pour un effet marbré.
Si vous désirez faire de grosses meringues, baissez la température du four et rallongez le temps de cuisson. N'ayez pas peur de cuire vos grosses meringues plus d'une heure ou d'1h30, c'est le temps qu'il faut compter.
Enfin, ce couple température/temps de cuisson est, comme toujours, valable pour mon four. N'hésitez pas à un peu tâtonner au début. (La chaleur tournante à ici beaucoup d'impact ; sans elle, mon temps de cuisson pour cette température est de 65min.)

Panna Cotta

La panna cotta, c'est l'une de mes passions. J'adore ce dessert pour de nombreuses raisons. C'est une crème collée à la gélatine extrêmement goûteuse, légère, fondante, si merveilleuse qu'on peut en manger des tonnes. J'aime sa fraîcheur, son parfum, son moelleux. J'aime l'idée de manger un dessert dont la recette n'a pas pris une ride depuis des siècles, inventée à une époque où toute une population d'est aperçue que la crème était sans doute le meilleur truc de l'histoire, et qu'il fallait un dessert qui la mette vraiment en valeur.
Voilà la recette d'une panna cotta de base, simple et efficace. Libre à vous de la customiser en la parfumant autrement, en y juxtaposant un coulis de fruits, en la coulant dans un fond de tarte cuit à blanc (c'est très chic), etc.

Pour 4 personnes :

  • - 240ml de lait (entier ou demi-écrémé)
  • - 240ml de crème fraîche liquide (30% m.g.)
  • - 45g de sucre brun
  • - 7g de gélatine en feuilles
  • - 1 gousse de vanille
  • (- Extrait de vanille)

La crème est ici l'élément-star : prenez-en une bonne. Si vous surveillez votre ligne, vous pouvez modifier les proportions jusqu'à 2/3 de lait, 1/3 de crème. (Moins de crème et le dessert perd tout son intérêt.)
Le sucre brun apporte des arômes intéressants, préférez-le au sucre blanc.
La gélatine peut comme toujours être remplacée par de l'agar-agar (divisez la quantité par deux), mais le résultat final sera un peu plus cassant. Pensez également, si vous utilisez l'agar-agar, à l'intégrer dès le début et à amener la préparation à ébullition, sinon il ne collera rien du tout.
Enfin, j'utilise le plus souvent de la vanille bourbon, mais rien ne vous empêche d'utiliser de la vanille de Tahiti si vous la préférez. Son parfum est assez différent, avec des notes plus florales. Ca peut être intéressant si vous comptez allier la panna cotta à quelque chose de fruité, par exemple.

  1. Le plus longtemps à l'avance possible, mélanger le lait et la crème et y faire infuser sur feu très doux la gousse de vanille fendue et grattée. Les petits grains de vanille sont très esthétiques, mais gardez à l'esprit que la majorité des arômes sont dans la gousse et pas dans ses graines. Il est donc nécessaire de faire macérer la gousse. Plus longue est l'infusion, plus la panna cotta sera exquise. (Une à deux heures donnent un superbe résultat.)
  2. Ajouter le sucre au mélange de crème et de lait, et éventuellement quelques gouttes d'extrait de vanille si vous avez peur que le parfum ne soit pas suffisant. L'idée est d'avoir un parfum de vanille reconnaissable, mais surtout pas agressif. On veut surtout que sa belle rondeur vienne jouer avec la douceur lacté de la crème. Chauffer le tout à feu moyen.
  3. Réhydrater les feuilles de gélatine dans de l'eau très froide pendant une dizaine de minutes.
  4. Lorsque le mélange frémit et que la gélatine est bien réhydratée, essorer cette dernière et l'incorporer au mélange. Bien remuer pour complètement la dissoudre. Retirer ensuite la gousse de vanille.
  5. Transvaser la panna cotta dans de petits récipients, et les laisser refroidir jusqu'à température ambiante. Les laisser ensuite prendre au frigo. (Selon la taille et la forme de vos ramequins, compter entre une et trois heures au frigo.)

Astuces :
Ne jetez surtout pas votre gousse de vanille : rincez-la bien, et gardez-la dans un bocal avec du sucre. Lorsque vous aurez deux ou trois gousses, comptez 500g de sucre et passez le tout au hachoir électrique : vous me direz des nouvelles de ce sucre vanillé maison.
La plupart des arômes de la vanille sont dans sa gousse et pas dans les grains, c'est vrai ; les grains jouent toutefois un rôle psychologique. On a tendance à trouver un dessert vanillé si on y voit des grains de vanille. De plus, tout le monde préfère un dessert parfumé "naturellement" qu'avec un arôme en bouteille, et les grains sont gages de cela (et rien ne vous empêche d'utiliser de l'arôme en plus si votre vanille était un peu raplapla).

Brownies dulce de leche

Les brownies, c'est bon. Tout le monde le sait, tout le monde l'admet, ce n'est clairement pas le summum de la pâtisserie mais, comme la plupart des recettes américaines, ça a le mérite d'être efficace. Un bon brownie est complètement fondant et décadent, il a un coeur juste pris, une très fine croûte cassante, et une teneur élevée en chocolat. Ce n'est pas mon gâteau préféré - loin de là, mais lorsque j'en mange je l'aime bien cacaoté, pas trop sucré, et avec un parfait dégradé de textures.
Cette recette, que j'ai trouvée sur le site David Lebovitz avant de l'adapter à ma sauce, est pour ceux qui n'ont pas froid aux yeux. Le dulce de leche, qu'on appelle aussi confiture de lait, est une pâte assez fluide, faite de lait sucré concentré et caramélisé au cours d'une longue réduction. Autant dire que c'est sucré et pas exactement recommandé par les médecins, mais excellent. Dans cette recette, elle crée des poches caramélisées dont le contraste avec l'intense chocolat du brownie est assez fantastique. Je n'ai pas mangé beaucoup, mais Mr Colloc et son pote qui passait le week-end on fini à deux un plat pour six ou huit parts... autant dire que ça se laisse manger.

Pour 6 à 8 personnes, soit un moule de 20x15cm :

  • - 100g de beurre salé, en morceaux
  • - 180g de chocolat noir, en morceaux
  • - 35g de cacao amer en poudre
  • - 165g d'oeuf, soit 3 oeufs
  • - 150g de sucre brun
  • - 140g de farine à pâtisserie
  • - 6 c.s. de dulce de leche

Le cacao amer est important, il vient renforcer la sensation de chocolat sans apporter de lourdeur, et il va un peu désucrer avec son amertume.
Pas question ici de remplacer le sucre brun par du blanc : il apporte des saveurs un peu plus intéressantes, et surtout il va se lier différemment avec les liquides, et donner une pâte finale plus humide, et qui le reste plus à la cuisson. J'utilise la cassonade de la marque "Saint-Louis".

  1. Préchauffer votre four à 180°C, chaleur tournante.
  2. Faire fondre ensemble le beurre et le chocolat, en remuant régulièrement. Réserver lorsque le mélange est homogène, et laisser refroidir quelques instants.
  3. Ajouter la poudre de cacao tamisée, et mélanger jusqu'à homogénéité.
  4. Ajouter les oeufs un par un, en incorporant à la spatule. Ajouter ensuite le sucre et la farine, et bien incorporer.
  5. Préparer un moule en le chemisant de papier aluminium (ça aidera), puis en graissant ce dernier. Y verser la moitié de la pâte à brownies.
  6. Verser trois cuillères à soupes de dulce de leche sur cette pâte à divers endroits, et y passer rapidement un couteau pour créer des spirales sans incorporer pour autant. L'idée est qu'il y ait des poches de dulce de leche bien distinctes. Verser ensuite la seconde moitié de la pâte et le reste du dulce de leche, et répéter l'opération précédente.
  7. Enfourner à four chaud, et cuire à peu près 30min. N'hésitez pas à retourner le moule à mi-cuisson pour un résultat parfait. Les bords doivent êtres cuits (tester au couteau), et le centre juste pris, encore très humide. Il cuira de toute façon un peu plus avec sa propre inertie thermique, donc n'hésitez pas à le retirer du four même s'il ne semble pas assez cuit.
  8. Démouler à l'aide du papier alu, et couper des parts lorsque le brownie est refroidi. Il sera superbe avec un peu de glace vanille.

Astuces :
Mr Lebovitz ne parle pas de cette éventualité, mais mon propre dulce de leche s'est mis à faire de grosses bulles à mi-cuisson, ce qui a affecté le look de mon brownie. Pas de panique si cela devait vous arriver, cela n'altère pas du tout le goût.

samedi 18 octobre 2014

Les crêpes

Chez nous, les crêpes sont une institution. Mr Colloc est breton d'origine et gourmand de nature, aussi les matins de week-end sont le plus souvent consacrés aux crêpes.
Personnellement ce n'est pas ce que je préfère, mais j'aime beaucoup les faire. En plus c'est le genre de recette que l'on peut préparer avec des enfants, ce qui est un atout majeur dans mon job. Voici, sans plus attendre, ma recette pour des crêpes fines, moelleuses, dorées et sexy.

Pour une douzaine de crêpes :

  • - 230g de farine T45
  • - 230g de lait 1/2 écrémé
  • - 100g de crème fraîche 30% m.g.
  • - 130g d'eau
  • - 115g d'oeuf (soit 2 gros oeufs entiers)
  • - Beurre salé pour la cuisson

Comme vous le voyez, la recette est une règle de trois : le poids en farine correspond à la moitié du poids des liquides. On pourrait n'utiliser que du lait, mais la crème rend les crêpes plus fondantes là où l'eau les allège. Enfin, je compte un oeuf par 150g de farine, arrondi à l'unité supérieure (donc 2 oeufs jusqu'à 300g de farine, puis 3 jusqu'à 450g, etc.).
On peut remplacer tout ou une partie des liquide par des produits végétaliens, mais veillez à maintenir un taux de protéines à peu près constant, vu que la structure de la pâte en dépend.
Enfin, j'utilise personnellement des poêles anti-adhésives, aussi je ne les beurre que pour les premières crêpes, et ensuite je travaille sur la poêle à sec sans soucis. Vous pouvez également remplacer le beurre par la matière grasse de votre choix, mais sachez que vous vous exposez au risque que les fantômes de toutes les petites mamies bretonnes de l'histoire viennent vous hanter. C'est à vous de voir.

  1. Peser la farine, y ajouter progressivement les liquides en battant au fouet. (Les enfants adorent, laissez-les faire si vous n'avez pas peur des giclées de farine...)
  2. Lorsque le mélange est homogène, ajouter les oeufs et bien mélanger jusqu'à retrouver l'homogénéité. La pâte doit être fluide, sans grumeaux, et avoir une texture nappante.
  3. On peut laisser la pâte reposer jusqu'à 1h à température ambiante. Je vais être douloureusement honnête avec vous et vous avouer que je ne le fais jamais, vu que je ne vois tout simplement pas de différence.
  4. Mettre les poêles à chauffer sur feu vif, chacune avec une noisette de beurre. Il faut attendre que le beurre soit fondu et les poêles bien chaudes. (Le mythe de "la première crêpe toujours ratée" vient du fait qu'on n'attend pas assez que la poêle soit chaude. Un peu patience et tout se passe bien.)
  5. Etaler le beurre avec un sopalin/pinceau, et laisser tomber quelques gouttes de pâte dans la poêle. Si elles grésillent légèrement et commencent tout de suite à se solidifier, la poêle est prête. Sinon, attendre encore quelques instants.
  6. Lorsque les poêles sont chaudes, y verser une louche de pâte. On verse la pâte au centre de la crêpière, en même temps qu'on fait tourner cette dernière d'un mouvement ample pour distribuer régulièrement la pâte. Le geste doit être assez rapide, car si votre pâte est bonne et que votre crêpière est bien chaude, la pâte va prendre très vite. Essayez de faire les crêpes aussi fines que possible. (Si vous voyiez que vous avez mis trop de pâte, n'hésitez pas à la reverser dans votre bol mélangeur.)
  7. Les crêpes cuisent assez vite, et l'on sait qu'une crêpe est prête à être retournée lorsque ses bords se soulèvent tout seuls et qu'un petit mouvement sec du poignet la fait entièrement bouger. (Lorsqu'elle n'adhère plus à la poêle, donc). Vous pouvez alors la retourner à la spatule, à la main si vous n'utilisez pas de matière de grasse, ou en la faisant sauter (là encore, attention aux projections si vous utilisez de la matière grasse). Le temps total de cuisson d'une crêpe est d'une à deux minutes.

Astuces :
Plus une crêpe est fine, plus vite elle cuit et plus vite elle devient sèche. Une crêpe bien cuite a une coloration régulière dorée et non pas brune ou noire, est souple et moelleuse.
Une crêpe se pose toujours dans l'assiette le "beau" côté vers le bas. (Le beau côté est le premier à avoir été en contact avec la poêle.) Ensuite on la garnit, et en la pliant/roulant c'est le beau côté qui apparaît.
On peut cuire toutes les crêpes en une fois en les empilant au fur et à mesure sur une assiette. Elles vont se tenir mutuellement chaud.
Les crêpes se conservent 48h max, enveloppées de film fraîcheur pour ne pas se dessécher.
Compter trois crêpes par personne, deux pour les enfants et jusqu'à cinq pour les gros mangeurs. (Mr Colloc en mange 10... mais c'est un cas particulier.)

dimanche 5 octobre 2014

Moelleux au chocolat magique

Voici l'autre recette préparée pour le samedi avec des amies. Elle vient du livre "Le Gâteau au Chocolat", de Victoire Paluel-Marmont, qui est l'un des rares auteurs dont je ne dois jamais modifier les recettes. Son résultat est un gâteau très chocolaté, incroyablement décadent, à la croûte fine et cassante et au coeur presque truffé. A tester d'urgence, uniquement pour les inconditionnels du chocolat.

Pour 6-8 personnes :

  • - 200g de beurre salé, en morceaux
  • - 200g de chocolat noir (70% de cacao c'est bien), haché ou en pistoles
  • - 250g d'oeufs (soit 5), les blancs séparés des jaunes
  • - 185g de sucre semoule
  • - 30g de farine T45
  1. Préchauffer votre four à 180°C, chaleur tournante.
  2. Graisser un moule à manquer ou à charnière de 25cm de diamètre, et le chemiser de papier sulfurisé (pour une fois c'est important).
  3. Au bain-marie et en remuant régulièrement, faire fondre le chocolat et à peu près la moitié du beurre. Lorsque tout est fondu, ajouter l'autre moitié du beurre et remuer régulièrement jusqu'à ce qu'elle aussi soit fondue. Réserver.
  4. Battre les jaunes avec le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse.
  5. Monter les blancs en neige ferme. Attention de ne pas trop les battre.
  6. Incorporer les jaunes blanchis avec le sucre au mélange beurre-chocolat. Travailler à la spatule pour atteindre un résultat homogène.
  7. Incorporer une cuillerée à soupe de blancs montés au mélange précédent, et détendre en mélangeant bien. Ensuite, incorporer délicatement et en plusieurs fois le reste des blancs. Remuer le moins possible et en faisant des mouvements de bas en haut (et non pas latéraux). S'arrêter dès que le résultat est à peu près homogène. Transférer dans le moule.
  8. Enfourner à four chaud, et laisser cuire 30min.

Astuces :
Le gâteau ne semble normalement pas parfaitement cuit à coeur à sa sortie du four. C'est normal, sa propre inertie thermique va finir le travail. Si toutefois il est encore très gigotant, vous pouvez prolonger un peu le temps de cuisson ou le laisser dans le four chaud et éteint, la porte fermée.
Vous constaterez qu'il est bien gonflé après cuisson, mais il va s'affaisser un peu en refroidissant et sa croûte va se fendiller. Là encore c'est normal.
Je le trouve personnellement meilleur le lendemain, après un tour au frigo et avoir été laissé à température ambiante 10-15min juste avant la dégustation.
Il est parfait tout seul, mais s'accompagnera magnifiquement de chantilly, d'une quenelle de glace vanille, et/ou d'un peu de crème anglaise.

(Pas de photo du résultat final, il n'en est tout simplement rien resté le temps que je sorte le portable... et pour être honnête, les parts ne sont pas ultra-photogéniques. J'ajouterai donc des photos dès que je referai ce gâteau, promis !)

Le gâteau-muffin aux myrtilles

Samedi dernier, je voyais des amies pour une balade au parc et une soirée pizza. J'ai proposé d'amener un truc, on m'a dit "le dessert", et me voilà à réfléchir. J'étais très tentée par deux-trois recettes vues dans le dernier numéro de Fou de Pâtisserie, mais je devais absolument respecter deux impératifs. Le premier était que mon dessert devait pouvoir se conserver à température ambiante pendant que nous serions au parc et qu'il attendrait sagement dans la voiture. Le second est que l'une de mes amies n'aime pas les textures trop molles style flan (allez comprendre, moi je pourrais me nourrir de flan pâtissier).
Enfin, comme je voulais satisfaire tout le monde, je me suis décidée pour deux recettes très différentes mais assez complémentaires. La première est ce gâteau-muffin. Cette appellation bâtarde est ce qui le décrit encore le mieux : c'est de la pâte à muffin, cuite dans un moule à cake. Le résultat est très moelleux et bien parfumé, les fruits donnent une vraie profondeur de goût et une fraîcheur franchement superbe, et je mets une belle quantité de crumble sur le dessus histoire d'avoir un jeu de textures. Le crumble est ici réalisé avec un beurre noisette, ce qui donne beaucoup de maturité à ce gâteau. C'est carrément magique.
Si je vous dis qu'en plus c'est rapide et très facile à faire, je ne vois pas ce que vous faites encore assis là.

Pour le crumble :

  • - 30g de beurre salé
  • - 35g de farine à pâtisserie
  • - 25g de sucre brun
  • - 25g de poudre d'amande
  1. Faire fondre le beurre et le laisser colorer jusqu'à ce qu'il devienne noisette. On sait que le stade est atteint quand le beurre a cessé de chanter, s'est mis à mousser, à cesser de mousser et commence à changer de couleur et à avoir une odeur complètement magique. Transférer ce beurre dans un bol.
  2. Ajouter le sucre, la poudre d'amande et la farine et travailler rapidement à la spatule ou à la fourchette jusqu'à l'obtention d'une pâte homogène. Rectifier éventuellement la texture avec un peu de poudre d'amande supplémentaire. Ne pas trop travailler. Réserver.
  3. Pour un gâteau de 6/8 personnes :

    • - 85g de sucre brun
    • - 50g de sucre glace
    • - 1 c.c. de levure chimique
    • - 200g de farine T45
    • - 120ml de lait
    • - 40ml de crème fraîche 30% m.g.
    • - 65g de beurre salé, fondu
    • - 50g d'oeuf, soit 1 oeuf.
    • - extrait de vanille
    • - 150g de myrtilles

    N'hésitez pas à prendre des myrtilles surgelées, je le fais toujours. Les myrtilles fraîches sont pour moi un truc qui ne peut être mangé que sans aucune préparation, une par une, avec recueillement. Pas besoin de les dégeler, mais vous pouvez si vous le désirez. (Attention, dégelées elles risquent de rendre le gâteau un peu bleu... ce qui n'est pas gênant, mais qui peut être bizarre.)
    Prenez votre extrait de vanille préféré et mettez-en à votre guise. Moi qui adore la vanille, je ne pleure pas sur les quantités. La vanille ne doit pas dominer, mais sa rondeur va merveilleusement bien avec la myrtille.

    1. Préchauffer votre four à 180°C, chaleur tournante.
    2. Dans votre bol mélangeur, verser les sucres, la farine tamisée et la levure chimique. Mélanger.
    3. Creuser un puits et y verser le lait, la crème, l'oeuf légèrement battu et le beurre fondu.
    4. Mélanger délicatement avec le batteur plat (le "k"), à vitesse lente. Dès que la pâte est à peu près homogène, ajouter les myrtilles et finir de mélanger. Il ne faut surtout pas trop travailler la pâte à muffin, même s'il reste un ou deux grumeaux ce n'est vraiment pas grave.
    5. Transférer la pâte dans un moule à cake préalablement graissé, et éventuellement chemisé de papier sulfurisé. (Avec la graisse de démoulage pro, je ne m'embête plus avec le papier.) Parsemer de crumble de façon un peu irrégulière. (C'est plus joli.)
    6. Enfourner à four chaud, et cuire à peu près 50min. N'hésitez pas à retourner le moule à mi-cuisson pour un résultat parfait. Tester la cuisson à l'aide d'une cure-dents ou d'un couteau. Planté à coeur, il doit ressortir sec. (Quelques miettes qui adhèrent ne sont pas un problème.)
    7. Laisser refroidir avant de démouler, et conserver enrobé de film étirable.

    Astuces :
    Si vous aimez ce genre de choses, vous pouvez tester de parfumer le crumble avec des épices comme la cannelle ou la cardamome.
    Les myrtilles peuvent être remplacées par des framboises, des morceaux de fraise ou de pomme, des fruits séchés ou oléagineux, etc.
    Pour une décadence sans nom, omettez le crumble. Préparez un glaçage moitié mascarpone moitié fromage frais/petits suisses. Badigeonnez le gâteau refroidi. Toastez la pâte à crumble émiettée sur un papier sulfurisé au four, et une fois refroidie, parsemez-en le gâteau.

(Je n'ai pas pu prendre de photos, honte sur moi ! J'en rajouterai dès que je refais cette recette, promis...)